21.11.2009

Lost In Translation

Excusez-moi, je m'étais absentée. (Ou : comment justifier l'air de rien une absence d'articles pendant plus d'un mois). Il faut dire qu'actuellement, je suis victime d'une tornade "laborale". La phrase précédente en est un parfait exemple. Toi aussi, public, tu sais que "laboral" est un mot en provenance directe de l'espagnol. Tu sais peut-être aussi que le mot "expectation" n'existe pas en français. Moi je viens de l'apprendre. Et, of course, tu sais pertinemment que "traduction" dans la langue de Cervantes ne se dit pas "translación". Ce mot n'est qu'une hispanisation lamentable du "translation" de Shakespeare. Et rien à voir avec Molière, ni avec la choucroute. Le titre du chef d'oeuvre de Sofia Coppola qu'est Lost in Translation m'apparaît soudain comme prophétique. Oui, je vous l'avoue, je suis complètement Perdue dans la Traduction. Je suis une geek de la Traduction. Je prononce le mot Tradutech plus régulièrement que le mot Bonjour. Les verbes "postuler" et "embaucher" éveillent en moi des échos terrifiants. Je passe plus de temps sur Termium, le Grand Dictionnaire et Wordreference que dans ma propre maison. Les communications à l'aide de la parole se sont vues remplacées par Facebook, Gmail et msn. D'ailleurs, pendant que je vous parle, je reçois des mails contenant les mots "entretien", "Transletters", "tableau des sources", "termino", "système de référencement" et "prépatrad". La phrase "Les traductions sont comme les femmes. Lorsqu'elles sont belles, elles ne sont pas fidèles, et lorsqu'elles sont fidèles elles ne sont pas belles." me fait marrer.

Je n'ai plus de vie en dehors de la filière TCM. Merde alors ... L'avantage de l'abus de Traductrucs divers z'et variés, c'est que ça crée des liens, et que les gens, ils sont, oui oui oui, surkiffants. J'en oublie même d'être aigrie, c'est vous dire ...

Parallèlement, comme j'aime jongler entre diverses activités, je n'oublie pas pour autant le milieu hautement péripétique de la palpitation. Je m'adapte juste à l'actuelle situation de "non-vie" que je traverse avec sérénité. Je redescends d'un cran sur l'échelle de Richter de l'inaccessibilité, m'octroyant même la possibilité d'une roue de secours (et non pas d'un roux de secours, Momo !). Personne n'est éternel en ce bas monde, surtout pas les filles moches aux noms moches. Elles échoueront, tandis que moi qui suis indubitablement une experte en bonnassitude nommée Matilde (ce qui signifie QUAND MÊME La Force Au Combat), je vaincrai, ça ne fait aucun pli. Born to get you out of your putain de routine ! Ô haute-voltige permanente qu'est ma vie, numéro d'équilibriste perpétuel où l'on doit maîtriser à la fois la traduction du script de La vie de Bryan et le charme inspiré ... Où l'on doit pouvoir mêler phraséologie spécialisée et sourire ravageur ... Où seul le dynamisme peut nous sauver du deuxième appel d'offres en nous garantissant une place au sein de la prestigieuse Word-By-Word ... Bon, trève de conneries, Skolvan m'attend, alors je m'en vais danser all night long, pour détendre mes nerfs quelque peu bétonnés.

Et le Riesling, c'est bon. Et le Layon, aussi. Nom d'une base de donnée terminologique !

16.10.2009

Quand ça palpite ... tapiwinnite !

Et quand ça palpite pas ... noie toi dans la pâte de spéculos, c'est ta seule planche de salut.

Mafei, ma chérie, il faut se reprendre en main là. Ça n'est plus possible. Tu le sais depuis toujours, le capital "coups de pouces divins" n'est pas éternel, et finit toujours par expirer au moment où l'on en a le plus besoin. Allez, avoue le grosse maligne, ses compliments tu les buvais comme du petit lait, au point que tu avais finis par te persuader que deux couches de mascara suffiraient à les provoquer. L'histoire nous enseigne qu'il en fallait au moins trois. Ou bien que passé un certain stade, on ne peut plus compter que sur soi-même et au diable Gemey Maybelline. La vie est dure.

Spéculos et Miossec sont dès lors tes maîtres mots, pour oublier que côté palpitationnel ... fue un fracaso ... néant.

"-T'as l'air fatiguée." ..... Sans blague chéri ? Fatiguée de te courir après sans que tu aies ne serait-ce que l’air de remarquer quoi que ce soit, alors que c’est toi qui avait commencé. Fatiguée parce que trop de travail ne tue pas le travail, mais tue les étudiants. Et majoritairement les étudiants qui découvrent cette activité (assez innovante je dois dire) pour la première fois. Alfred, loin dans ses cieux édéniques, a pris ses cliques, ses claques, a mis la clé sous son divin paillasson, et prend dorénavant du bon temps chez Hadès. En d’autres termes, il n’a plus le temps de s’occuper de moi, ni de personne d’ailleurs. Il a bien laissé un petit mot sur la table de la cuisine avec les instructions à suivre en son absence, mais personne dans le grand charivari du ciel n’a été foutu de trouver l’endroit où il planquait les mentions TB gratos. Ni les compliments à titre gracieux, cela va sans dire.

Galère Mafei, galère. Tu sais aussi bien que toutes celles qui t’entourent qu’essayer de comprendre les hommes est un défi bien plus audacieux que la traduction d’un contrat de sous-traitance en espagnol le vendredi mati à 8h00. Tâche qui entre nous vaut déjà son pesant de Kinder country. Je suis un être auquel on ne passe pas impunément un bras autour des épaules lorsqu’il dort (où en l’occurrence fait semblant de dormir). Que tous ceux qui considèrent judicieux d’en prendre acte le fassent. Les autres, sachez qu’une interro surprise peut vous tomber sur le coin de la gueule à tout instant, alors venez pas me dire qu’on vous a pas prévenus.

 

(Pour les gens qui l'ignoreraient encore, et pour une plus fluide compréhension des précédentes élucubrations, il est bon de savoir qu'Alfred est une sorte d'entité divine, ou ce qui s'en approche le plus à mes yeux ...)

25.09.2009

I ♥ Prépatrad

La vie à la française a repris son doux cours. Rennes II est redevenue ma résidence secondaire. La L3, comme nul n’est censé l’ignorer, est la merveilleuse année où tu arrives au bout de ton rêve le plus fou : obtenir ta licence et devenir, Ô joie, traducteur spécialisé. Spécialisé dans la thermodynamique, de préférence. Ou la pétrochimie, le choix est libre (fort heureusement). L’année où tu prends soudainement conscience que ton bac L est la porte ouverte vers un avenir lumineux en coloc’ sous un pont avec pleins d’autres déchets humains. La L3, c’est le pied absolu. Des heures emplies d’opacités, anomalies et autres options de tous poils comblent le morne ennui de tes longues journées, une foultitude de messages pétillants envahit à chaque instant ta boîte mail, et, sacre suprême, tu es invité à des soirées Traduction. Ta vie n’est plus qu’une longue farandole cabriolante et multicolore où de joyeux lurons futurement rédacteurs techniques se donnent la main et dansent de concert au doux son du mot Tradutech. Avouez que c’est émouvant.

Dans l’état actuel des choses, il vaut peut-être mieux s’en tenir à cette vision idyllique et tenter tant bien que mal de se persuader de son fond de vérité.

Sinon, à part m’éclater en salle L231, je fais pleins d’autres trucs bien dans la vie cette année. Je bois du gin tonic à foison, écoute Miossec, retiens la seconde partie de ma personnalité de claquer tout l’argent qu’elle n’a pas dans des vêtements qu’elle ne nécessite pas, trouve la pijiu française très chère, parle à des gens que le bon sens me disait pourtant d’éviter à tout prix, dévore Hobb et lis mon horoscope sur Facebook. L’horoscope en question faisait d’ailleurs allusion à la stabilité de ma vie amoureuse. Ma vie amoureuse étant tout à fait réputée dans le milieu pour sa légendaire stabilité, bien sûr … Aussi stable qu’une pile de tasses en porcelaine posées en équilibre sur une balle de tennis au milieu d’une plaque de verglas.

Voilà, le résumé de ce dernier mois étant globalement fait en ces deux paragraphes, je pourrais continuer à disserter sur des sujets divers tels que mon chargeur de portable ou les tomates-cerises (ou les croissants …), mais l’intérêt de tout cela n’arriverait jamais à la cheville d’un bon TD de Prépatrad. Et puis après j’aurais plus rien de mystérieux à vous dissimuler avec un sourire en coin bien senti. De ce fait, si vous avez des questions supplémentaires, n’hésitez pas à m’appeler, mon terminal est sous tension (hahaha). Bonne nuit les petits.