16.10.2009
Quand ça palpite ... tapiwinnite !
Et quand ça palpite pas ... noie toi dans la pâte de spéculos, c'est ta seule planche de salut.
Mafei, ma chérie, il faut se reprendre en main là. Ca n'est plus possible. Tu le sais depuis toujours, le capital "coups de pouces divins" n'est pas éternel, et finit toujours par expirer au moment où l'on en a le plus besoin. Allez, avoue le grosse maligne, ses compliments tu les buvais comme du petit lait, au point que tu avais finis par te persuader que deux couches de mascara suffiraient à les provoquer. L'histoire nous enseigne qu'il en fallait au moins trois. Ou bien que passé un certain stade, on ne peut plus compter que sur soi-même et au diable Gemey Maybelline. La vie est dure.
Spéculos et Miossec sont dès lors tes maîtres mots, pour oublier que côté palpitationnel ... fue un fracaso ... néant.
"-T'as l'air fatiguée." ..... Sans blague chéri ? Fatiguée de te courir après sans que tu aies ne serait-ce que l’air de remarquer quoi que ce soit, alors que c’est toi qui avait commencé. Fatiguée parce que trop de travail ne tue pas le travail, mais tue les étudiants. Et majoritairement les étudiants qui découvrent cette activité (assez innovante je dois dire) pour la première fois. Alfred, loin dans ses cieux édéniques, a pris ses cliques, ses claques, a mis la clé sous son divin paillasson, et prend dorénavant du bon temps chez Hadès. En d’autres termes, il n’a plus le temps de s’occuper de moi, ni de personne d’ailleurs. Il a bien laissé un petit mot sur la table de la cuisine avec les instructions à suivre en son absence, mais personne dans le grand charivari du ciel n’a été foutu de trouver l’endroit où il planquait les mentions TB gratos. Ni les compliments à titre gracieux, cela va sans dire.
Galère Mafei, galère. Tu sais aussi bien que toutes celles qui t’entourent qu’essayer de comprendre les hommes est un défi bien plus audacieux que la traduction d’un contrat de sous-traitance en espagnol le vendredi mati à 8h00. Tâche qui entre nous vaut déjà son pesant de Kinder country. Je suis un être auquel on ne passe pas impunément un bras autour des épaules lorsqu’il dort (où en l’occurrence fait semblant de dormir). Que tous ceux qui considèrent judicieux d’en prendre acte le fassent. Les autres, sachez qu’une interro surprise peut vous tomber sur le coin de la gueule à tout instant, alors venez pas me dire qu’on vous a pas prévenus.
(Pour les gens qui l'ignoreraient encore, et pour une plus fluide compréhension des précédentes élucubrations, il est bon de savoir qu'Alfred est une sorte d'entité divine, ou ce qui s'en approche le plus à mes yeux ...)
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25.09.2009
I ♥ Prépatrad
La vie à la française a repris son doux cours. Rennes II est redevenue ma résidence secondaire. La L3, comme nul n’est censé l’ignorer, est la merveilleuse année où tu arrives au bout de ton rêve le plus fou : obtenir ta licence et devenir, Ô joie, traducteur spécialisé. Spécialisé dans la thermodynamique, de préférence. Ou la pétrochimie, le choix est libre (fort heureusement). L’année où tu prends soudainement conscience que ton bac L est la porte ouverte vers un avenir lumineux en coloc’ sous un pont avec pleins d’autres déchets humains. La L3, c’est le pied absolu. Des heures emplies d’opacités, anomalies et autres options de tous poils comblent le morne ennui de tes longues journées, une foultitude de messages pétillants envahit à chaque instant ta boîte mail, et, sacre suprême, tu es invité à des soirées Traduction. Ta vie n’est plus qu’une longue farandole cabriolante et multicolore où de joyeux lurons futurement rédacteurs techniques se donnent la main et dansent de concert au doux son du mot Tradutech. Avouez que c’est émouvant.
Dans l’état actuel des choses, il vaut peut-être mieux s’en tenir à cette vision idyllique et tenter tant bien que mal de se persuader de son fond de vérité.
Sinon, à part m’éclater en salle L231, je fais pleins d’autres trucs bien dans la vie cette année. Je bois du gin tonic à foison, écoute Miossec, retiens la seconde partie de ma personnalité de claquer tout l’argent qu’elle n’a pas dans des vêtements qu’elle ne nécessite pas, trouve la pijiu française très chère, parle à des gens que le bon sens me disait pourtant d’éviter à tout prix, dévore Hobb et lis mon horoscope sur Facebook. L’horoscope en question faisait d’ailleurs allusion à la stabilité de ma vie amoureuse. Ma vie amoureuse étant tout à fait réputée dans le milieu pour sa légendaire stabilité, bien sûr … Aussi stable qu’une pile de tasses en porcelaine posées en équilibre sur une balle de tennis au milieu d’une plaque de verglas.
Voilà, le résumé de ce dernier mois étant globalement fait en ces deux paragraphes, je pourrais continuer à disserter sur des sujets divers tels que mon chargeur de portable ou les tomates-cerises (ou les croissants …), mais l’intérêt de tout cela n’arriverait jamais à la cheville d’un bon TD de Prépatrad. Et puis après j’aurais plus rien de mystérieux à vous dissimuler avec un sourire en coin bien senti. De ce fait, si vous avez des questions supplémentaires, n’hésitez pas à m’appeler, mon terminal est sous tension (hahaha). Bonne nuit les petits.
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02.09.2009
Un singe en hiver
Avoir des rêves, c’est bien, ça entretient l’espoir et les délires, ça permet d’occuper ses soirées à penser à quelque chose. Avoir des rêves, c’est une chose. Et puis il y a les réaliser. Et ça c’en est une autre. Ca prend du temps. De l’énergie. Ca rate, parfois. Ca fait s’élever très haut puis retomber très bas. Il faut remonter ses manches, attaquer le rêve à bras le corps, le revoir à la baisse, le formater au sens des réalités, pour un jour le voir prendre forme, prendre son envol.
Et ce jour là, tu descends d’un avion, aux prises avec six heures de décalage horaire et une chaleur étouffante, et tu poses le pied en Chine. Là, devant toi, s’étend le pays dont tu as rêvé jour et nuit depuis des années. Cet endroit qui, sans comprendre pourquoi, t’as fait fantasmer, fabuler, délirer. Et, loin d’être dépaysé, te voilà soudain … « empaysé ». Pris de l’impression étrange que tu es plus à ta place ici que tu ne l’as jamais été chez toi, à 8000 kilomètres. Pris dans le flot des bruits, des couleurs, des odeurs, dans le flot des vendeurs qui t’alpaguent et des passants qui te bousculent sans ménagement.
Tu es là. Au beau milieu de la capitale d’un pays qui a nourri les fantasmes de générations d’occidentaux en mal d’exotisme. Ce pays diabolisé par ceux qui n’en ont jamais vu que l’aspect politique et dictatorial. Oui, c’est une dictature. Mais un régime politique fait-il un peuple ? Un régime politique fait-il une culture ? L’homme qui te regarde jouer au Cap’s en riant, la femme avec qui tu négocies un éventail, la gamine qui veut se faire prendre en photo avec toi, l’étudiant qui boit des bières assis par terre à tes côtés te semblent soudainement infiniment plus proches de toi que ne le sont la plupart des français.
Ton pays est étriqué. Il ne te va pas. Il te gêne aux entournures. Ton pays est trop faux, trop politiquement correct, trop formel, trop poli, trop plat, trop adouci, assagi. Trop cher. Tu veux te battre pour un pays qui n’a jamais été le tien, et l’est devenu en trois semaines. Tu te sens un peu trop chinois, et plus franchement français. Le silence t’empêche de t’endormir. Tu te sens décalé.
Tu comptes les jours.
Tu y retourneras.
Et ce coup-ci, t’es pas sûr d’en revenir.
« Je suis rentré d’Indochine et j’ai trouvé Une vie bien trop facile, bête à crever »
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