25.03.2009

"... juste une France qui a les boules ..."

Reprise. Une heure de cours m’a suffit pour me souvenir que les gens de ma classe me blasaient méchant. Encore plus qu’avant finalement. Tous ces bourreaux de travail qui n’ont pas pointé leur adorable pif à la fac depuis le 2 février, et re-débarquent la bouche en cœur et le pas fringant, leur air de « c’est-pas-trop-tôt » visible dans les yeux à 50 mètres à la ronde.

Petit coup de gueule, oui, contre tous ces beaux cons fermés comme des huîtres, égoïstes à l’excès et aux angle pointus qu’on peut toujours, mais en vain, essayer d’arrondir à nos heures perdues. L’université forme l’esprit critique ? Laisse-moi rire. C’est forger la citoyenneté que d’apprendre aux gens que oui, la démocratie peut consister en un clic de souris depuis son confortable fauteuil ?

Il faut faire la part des choses, les gens. Il paraît que revendiquer le blocage total comme seule solution, c’est être fermé et extrêmiste tandis que revendiquer le déblocage total comme seule solution, c’est affirmer sa liberté d’expression. Vouloir le blocage partiel, c’est être un « faible » pour certain, et rester un sale toto pour les autres. Et compter les voix, c’est truquer les votes ? Sûrement … Est-ce une utopie que de vouloir discuter, écouter, comprendre l’autre, sans l’agresser ni le faire rentrer de gré ou de force dans une case prédéfinie ?

Ah, les copains, qu’il est dur de se battre pour ses opinions sans être obligé en parallèle de se battre contre son prochain … Je dirais même que, finalement, c’est indissociable. Oui je suis une gréviste, oui j’ai voté pour, oui j’ai manifesté et oui je le vis bien, merci. Et je continuerai. Mais non je n’ai pas hué ceux qui se sont levés contre, non je n’ai pas lynché ceux qui sont restés chez eux le 19 mars. Et le jour où je m’y mettrai, frappez-moi, merci.